S'armer de patience

by Ivy

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1.
Mon pays 04:06
Mon pays « C’est étrange de voir un peuple qui refuse son propre devenir. C’est assez étrange de voir la peur fonctionner encore. » Gilles Vigneault, TLMEP, 13 avril 2014 Mon pays, ce n’est pas un pays - C’est l’hiver ! L’hiver, c'est pas une saison, - C’est l’enfer ! L’enfer, c’est qu’il est pavé de bonnes intentions Quand j’chu prêt à tout faire Pour vendre ma nation Face à lui-même Mon pays fait carême Y a beau faire attention Y a trop d’poids pour ses ambitions Mais fidèle au sang de gaulois Qui coule dans ses veines On dirait qu’y a juste quand il boit qu'il aboie - Qu'elle veine! Sans jamais mordre personne au final Et s'il montre des dents C'est pour sourire, amical Une tape dans l'dos Une joke d'anglo Une bonne gang, tu sais Se moquent même des français Qu'est-ce tu veux un français Ça reste un français Même 200 ans après sous la botte des Anglais Ça se croit différent, parfaite référence Esprit indépendant pourtant en dépendance Mon pays, ce n’est pas un pays - C’est l’hiver ! L’hiver, c'est-tu une saison? - C’est l’enfer ! L’enfer, c'est quand on m'dit quoi faire Dans ma propre maison Pour apprendre à me taire Fait que mon pays, c'est ça Des cabanes au Canada Leloup, Garou qui l'ouvrent grand à l'Opéra L'auto qui est un char Qu'on parke Icitte et là Les chums qui parlent fort Un peu comme Charles aboie Pis aussi mon pays Cé…line Dion Qui inonde les ondes de par le monde C’est les frites fritent imbibées de gravy Pis l’fromage en crotte qui vient tout aggraver Mon pays à Tête d’orignal Sur le top boude Vente sa Gastronomie de fastfood Y s’pogne le bake Su’l’Statut Quo Y effouare les brakes Quand ça roule trop Mon pays, ce n’est pas un pays C’est l’hiver ! L’hiver, c'est pas une saison, - C’est l’enfer ! L’enfer, c’est d’être locataire De son propre salon Inapproprié Inapproprié…taire Emportés par la chienne Ancêtres et parkas S’il faut qu’on s’en souvienne Je me bien demande pourquoi Retourner à la terre Satisfaire au cliché Alors qu’on vend aux enchères Ce qu’on a défriché Mon pays, je sais, c’est plus que ça C’est les petits matins que le Félix éclaire Le printemps érable L’été des Indiens Des gens qui sont capables De s’indigner sans rien Sans jamais rien demander en échange C’est des changements en jachère De la lumière sur les champs Mon pays, c'est presque seul qu'il s'est semé Mais aura-t-il germé avant les grandes gelées ? Car je l’ai déjà dit Mon pays Ce n’est pas un pays Ce n’est pas un pays Ce n’est pas un pays C’est une province dans le Canada.
2.
Québecoeur 03:05
Québecoeur Invité : Raoul Duguay J’ai d’la crème dans mes « È » Des « R » qui s’effouarent Des « je suis » changés en « chu » Quand chu tanné pis j’le fais voir J’ai besoin de Trois-Rivières Pour faire l’amour ici Toi t’étais chaude hier Seras-tu perchaude aujourd’hui? On y va-tu Moi j’le sais pas D’où c’est qui vient ce pronom-là Du Poitou ‘’ b’en d’un pot-de-vin Ché pas, chu pas né grammairien Chu pas né pour un petit pain Tu peux venir me chicaner Dire que chu donc b’en à plaindre Avec mon français magané Mais tu sais quoi Dès qu’j’ouvres le bec, quoi On sait tout ‘’ suite que chu Québécois J’ai des appels-haches que je compose Des pitounes de mots que j’arrache à l’ubac des choses Je monte et régie, je sacre en Estrie La langue, le gars la mâche comme le Gamache d’Anticosti Quand tous les beaux seront en orbite Y a p’t-être une chance qu’les Montréalais sachent où ils habitent Qu’on ait les jarrets noirs Les dollars L’or en ‘tit dépôt On est riches d’histoire - Est pas de tout repos Faut faire avec Dès qu’j’ouvre le bec On sait que je viens du Québec On est capAbitibi De squatter l’Témiscouata De rouler la Gaspésie Dans un dix roues – hein, Noranda ? En campagne, dans les villes Le citoyen le sait-il ? On est mieux réunis Sur le dos des États-Unis Car Il faut long œil pour que Charles voie Doigté pour glisser l’anneau d’hier Se sentir à Saguenay et suffisamment Fjord De jaser à contre-courant de l’Amérique du Nord Mais chu comme toi Pis ça m’fait d’quoi Mais j’fais avec Après tout, je viens du Québec Le français, c’est notre fenêtre sur le monde Tirez pas les rideaux de peur que jamais on réponde 300 millions de gens le parlent à chaque seconde Québécoise, québécois, on est où sur la mappemonde ? Mon chum, réalise ! Le fleuve est à toi Et souviens-toi ! Ma chum réalise Le fleuve est à toi Et souviens-toi est ta devise.
3.
Muse Ailée 02:46
Muse ailée Courage Donne un bon coup Partage! Laisse la honte s’envoler Venir la volonté Déterre les munitions de la détermination L’arsenal est nécessaire à toute élocution Et puis porte parole Si l’on veut te museler Arrange-toi qu’elle s’envole Au-dessus de la mêlée Car la muse est ailée Plus zélée qu’un flic des stups Elle fait sans râler Des centaines d’heures sup T’as hérité de la témérité Ce qui t’a mérité Les propos dépités De ceux que t’as irrités Ha ha! - Prends note Personne n’est au-dessus des lois Sauf ceux qui les votent Et les Robin des bois Alors Courage Donne un bon coup Partage! Laisse la peur s’envoler Venir la volonté De la même manière Que t’as de l’émotion Authentique et sincère Allez insère ta passion Et puis affiche ton amour Si on veut le voiler Arrange-toi qu’il se voie le poing levé Car la muse est ailée Plus zélée qu’un flic des stups Elle fait sans râler Des centaines d’heures sup N’enfile pas de gants Y a rien à ton épreuve L’amour est un ouragan De forces neuves L’œil ouvert Sous la pluie du désir Allez, va vers ta dernière chance de le saisir Et courage Donne un bon coup Et partage! Laisse la nuit sur place Déjà elle s’efface S’allume soudain la lumière du matin Les ténèbres n’y peuvent rien Alors déploie ta vision Si on veut la dissimuler Arrange-toi qu’elle dévoile les dessous d’la mêlée Car ta muse est ailée : plus zélée qu’un flic des stups Elle fait sans râler des centaines d’heures sup L’image est le langage du cœur engageant les sensations Laisse le vieil Égo se perdre en tergiversations Dans son labo, d’intenses négociations cèlent Son manque d’imagination alors aie le Courage De ta vision De ton amour De ta parole. Courage! Donne un bon coup Et surtout : partage!
4.
Dysthymie 04:03
Dysthymie Invitée : Marjo Tu ne bouges pas Tu restes là Attends-tu qu’on fasse un plat De ton cas? Qu’au pire, on te rassure Sur ton état Te tâte les paumes Te flatte les tempes Étampe ta viande 3A Ah! pis qu’on palpe l’ossature En s’inquiétant de ta température « Fait beau, fait chaud, vaut mieux en rire » Tu veux qu’on cherche à t’attendrir Mais ça, y a qu’les bouchers qu’ça intéresse Gratter jusqu’aux sot-l’y-laisse Sucer la moelle Jouer dans l’gras Ensuite, y te laisseront là Dépecé Désossé Insensé À quoi t’as pensé? Tu ne bouges plus Tu dis que c’est plus la peine T’attends que l’élan te reprenne Que se relâchent ressorts et consorts Que la cadence reparte sur le temps fort Au quart de tour Aucun détour Attends-tu que claque Le tictac du retour Que la mécanique enfin déclique En un cliquetis extatique Mais ça, y a que l’horloger Qui ferait ce qui se doit En te remontant Entre ses doigts Tu serais bien avancé - Tu crois? Moi, j’dis : pas plus que la dernière fois A) N’en fais pas une maladie Prends moi : qu’on me désosse Me fasse les poches Je hausse les épaules Pour tout reproche Je regarde les gens dans les yeux Je leur souris malicieusement Je n’entends plus régner sur l’impasse Tant pis que les gens passent Me passent dessus Je n’en ai cure J’ai bon dos Bon dos d’âne, bien sûr Si leur char est bas de châssis Tant mieux, qu’y restent assis Sur leur complaisance dure Moi je carbure À une autre essence Sans souci A) J’en fais pas une maladie… Dysthymie! Dysthymie! Dysthymie! Allez, bouge-toi Reste pas là Personne qui s’arrêtera Renonce à faire pitié Yé! Tu y es presque! Cesse ce cafard Carnavalesque Enterre ta face de carême Ose-toi, ose-toi toi-même N’en fais pas une maladie… d’amour De ta dysthymie.
5.
Change 02:30
CHANGE Change tes habitudes, tu t’étudies trop Change ton mélange, ta boue, c’est de la nitro Change d’heure qu’on avance l’été Change d’air qu’on aille respirer Change de peau, serpent, si tu le vaux Change de sonnette Pporte ouverte, c’pas des sornettes Tu penses donc tu fuis Vas-y, mais je te suis Si tu changes, philosophiquement parlant De manteau ou de bonnet Change de tête si le chapeau te fait Elle en vaut la peine, ta tête Le peuple lui fera la fête Ce qui compte, c’est l’État L’état dans celui que t’es L’état où Saint Éloi lui-même dirait Wô! Votre Majesté Vous êtes bien culottée Va pieds nus Vêtu de haillons Un peu hors-la-loi Le soleil et ses rayons Flamboient dans les sous-bois L’univers est un corps Qui implore la pénétration L’amour est encore L’unique solution Change tes habitudes Tu t’étudies trop Change donc ton mélange Ta boue, c’est de la nitro Change d’heure qu’on avance l’été Change d’air qu’on aille respirer Ailleurs.
6.
Dans un concert de cris Cette civilisation s’éteint dans un concert de cris Le processus qui mène aux eaux claires tarit La Cité étouffe, mais stoïque endure sa souffrance Tandis qu’on paye un zouf pour constater Que l’oxygène est un peu rance Merci, je sais, y a du soleil et des arbres Le soir, les chauves-souris jouent du sonar dans leurs barbes Mais sous la pierre, je sens des forces en mouvement Les plaques tectoniques s’enfoncent inexorablement Dans un concert de cris De Banda Aceh À Fukushima On en connait le prix Ici, la gélinotte se balade Sans gilet pare-balles Et dans la panique générale Elle part faire le Jihad Cette civilisation s’éteint dans un concert de cris Retranchée dans ses murs, elle contemple la barbarie Le pouvoir, hagard, reste pourtant sur ses gardes Jette un regard de côté avant de lancer la sauvegarde Ok, c’est beau, ne pleurons pas les ruines Un nouveau chapitre s’écrit des moines-robots l’enluminent Et dans les airs, j’entends le corbeau du Désert : « RAT, tu es poussières et poussières, tu retourneras! » L’homme n’a pas besoin d’aide, mais de souffrance Il n’a pas besoin du confort qui apporte l’indifférence Il n’a rien besoin d’entreprendre Sinon l’amour, car il lui faut bien du temps pour comprendre Mais le temps toujours lui fait défaut Faux bonds, faux pas Faudrait reprendre tout ça Depuis l’début Avant Adam, Ève, Lilith ou Lulu Une Amérique vierge Peuplés d’enfants venus du ciel Ou l’Europe des cierges Sur les chemins de Compostelle.
7.
S’armer de patience Invitée : Tanya Evanson We have to pack our tears We have to move inside We have to watch our back While we stand young and proud Il nous faudra sécher nos larmes S’armer de patience Anticiper les sarcasmes des masses Asservies à la lutte pour la survie Au bal des cheiks masqués Nous irons démasquer Briguer l’or des fous À l’insu de la foule suant sans gène l’ignorance Et le mépris docile Et la fadeur de vivre Et l’engagement hostile À tout changement We have to pack our tears We have to move inside We have to watch our back While we stand young and proud Oui au milieu des hommes et des femmes qui circulent en grillant les feux Pour quelques minutes de vacances en sus Sur leurs plages-horaires Penses-tu que j’exagère? Moi, je me sens comme eux Prisonnier de la vitesse Prisonnier d’antiques idées reçues Depuis la nuit des temps Depuis que tomba la pomme d’Adam Depuis la danse des Vimana Au matin Un moment vient où vivre signifie Moins apprendre que reconnaitre Moins chercher que retrouver L’espace inviolable de sa dignité Moins posséder que s’espacer Moins bouger que laisser venir Y a si longtemps que les cabales et les slogans Gouvernent en lieu et place des hommes Qu’on s’est habitués au spectacle Y a si longtemps que dure la soumission Que nul ne se souvient plus du temps où l’on était libres Où l’on était jeunes et fiers We have to pack our tears We have to move inside We have to wait and see Quelque chose doit être fait We have to move inside Mais il faut s’armer de patience Wait and see.
8.
Il y eut 01:30
Il y eut Oui il y eut l’espoir indécent Des centaines de milliers Remontant la rue Des milliers d’humiliés Et le sang répandu Comme autant d’idéaux Comme au temps de Mao Je dis bien « indécent » et cela sans malice Le sens de l’espoir Et celui de l’histoire Étant rarement complices Et il y eut dans les reflets d’or du soleil couchant L’éclat des casseroles Chance dernière en l’écho montant De faire entendre sa parole Dernière façon ici-bas D’enfoncer le clou dans le langue de bois Rodomontades et médisance Sont les cabinets d’aisance Des trous d’cul Ils font peine, peine à voir Les fanfarons au pouvoir Corrompus Qu’est-ce qu’on va faire de cette Province Les sangsues sont les Princes Des marais, des médias De la gibelotte, de la ratatouille Pour ceux qui mangent la grenouille On en fera Une opinion, ça se respecte Une opinion, ça se respecte Ou pas Tous les gouts sont pas dans la nature Y a ceux qui donnent des coups d’autres qui endurent Dis-moé pas que tu savais ça?
9.
Les Marchands disent Invité : Michel Rivard Les passages en italiques sont tirés de « Marchands de bonheur » Cher monsieur le marchand de Bonheur Marchant sur la pointe des pieds À l’heure du cambrioleur Vous n’êtes pas méchant Juste un peu menteur Affriolé à la lueur d’une dent en or Comme tous les commerçants Vous êtes un peu commère sans Trop vous commettre Vous laissez ce soin À ceux qui se soumettent Vous vous exposez rarement Sinon pour l’image Avec entregent Après tout Vous êtes entre vous Dans les vins et fromages Vous devisez du monde Comme il se divise Entre preneurs Et entre prises On dirait même Que c’est efficace Le problème? Y a l’éléphant dans la place Sur le fond gris De ses rêveries Il en fait voir de toutes les couleurs Il n’est pas méchant Comme le chanteur l’a dit Mais sa trompe est achalante en maudit Chaque jour de notre longue vie La vérité se tache et le mensonge salit On croit mettre les voiles On s’fait mener en bateau Les marchands de gasoil Se remettent à flot Ils font les beaux défont le bail Redéfinissent le travail Derrière leur panache Et sous de belles théories L’austérité se cache Pis là où c’t irrité, on rit Jaune On en arrache Hors de la zone De confort On est faits forts Mais c’pas une raison Pris pour des valises D’être bourrés par des cons Cher Monsieur le marchand de bonheur Vous voulez mon talent Mais votre élan m’écœure Vous aimez l’art autant que les gens Car l’art et les gens, ça fait de l’argent C’est large en masse le genre émergent On ajoute d’la mélasse, on y met du piquant Au détriment de l’art, on arrose de condiments Les boniments des bonimenteurs Qu’on dit menteurs Arrêtez de m’faire croire Que c’est ma vie qui vous tient à cœur Je ne vous ai jamais cru Je vous connais par cœur Marchands de bonheur Je vous connais par cœur Marchands de bonheur Marchands de bonheur.
10.
Va faire ta guerre Avec citation de « Give Peace a Chance » (John Lennon) Ça fait des années que je t’observe C’est pas bien difficile, les yeux Les oreilles, y aurait fallu qu’on me les crève Pour ignorer ton p’tit jeu Depuis le temps que tu nous endors Monsieur le marchand D’arme/ment/songes de sécurité Quand tu rêves/olver Un nouveau demain Sans sexe comme les anges Sans âme comme ces engins Que t’achètes sans appel d’offre Quel effronté, tu fais Monsieur le Ministre De l’indécence nationale Et du port d’armes T’as pas honte? Croiser le fer Semer les feux de l’enfer Juste pour satisfaire tes ami/litaires ? C’est clair On aurait dû s’en douter Comment un sauvage de ton espèce Peut-il éprouver de la tendresse pour les démunis À moins que ce ne soit des munitions ? Monsieur le ministre de la stupéfaction et des boucheries Nous t’entendons t’attendrir sur la viande froide Chaque fois quelle revient au pays les pieds devant Et c’est presque la fête dans ton agenda Quand tu te recueilles devant le cercueil d’un soldat Et avec cette voix grave qui parle pour la nation Tu redonnes le cadavre comme une preuve d’affection Ça t’honorerait presque si on ignorait qu’après tu l’oublies Dans la fosse commune À la Chambre des communes T’en rates jamais une C’est facile T’as la chance d’avoir des amis/siles Qui tirent à boulets rouges Sur tout ce qui bouge Dans le sens contraire Des aiguilles du monstre Monsieur de la balistique et du calcul Ta montre à toi recule Quand le ton monte au front Des opinions tranchées Lorsque tu informes nos bataillons Qu’un sang impur abreuve les couillons Car ton bras sait porter l’épée, l’épais Il sait porter l’effroi Jusque dans froid De la tombe De la colombe De la paix M. le Grassouillet Le Souillé Le Suprême de poulet Va la faire toi-même ta guerre Et tant qu’à y être, invite tes amis Allez! Tous au champ d’honneur et restez-y! Qu’on vous enterre pour la dernière fois Pour la dernière guerre M. le Dernier Sous-Fifre Va faire ta guerre Va faire ta guerre Va faire ta guerre Va faire ta guerre! All we are saying is give peace a chance! (John Lennon, Give peace a chance) « Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue Et la nuque (…) baignant dans le frais cresson bleu Dort (…) dans le soleil, la main sur sa poitrine Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit » (Arthur Rimbaud, « Le dormeur du val » (extrait))
11.
L’espoir inguérissable Pour une seule guérison L’homme qui pleure Donnerait le beurre L’argent du beurre Les fruits de son labeur Et les clés du bonheur Il donnerait ses souvenirs Le gout des lèvres L’arôme du pain qui lève Le pain, le vin, l’amour et l’avenir Pour guérir de ce désir fugace Qui tant lui fit perdre la face Pour une agace (garce) de passage Alors qu’il n’avait pas l’âge Légal, létal pour mourir d’amour Y ‘n a bavé plus qu’à son tour Dans la cour des soupirants adolescents Dire qu’enfant y voulait tant Voir à travers les vêtements Voir ce qu’elle voulait dire au juste maman Quand elle disait qu’il verra bien quand il s’ra grand En attendant, fini le placotage - Sois patient, car Patience et longueur de temps Font plus que force ni que rage (Parenthèse) J’ai beau avoir vieilli J’ai toujours pas compris Ce que le « ni » vient faire ici (Parenthèse) Ni en quoi c’est si dur de faire son nid C’est à la portée de n’importe qui Du lion, du rat, du chien, du chat Des vaches naines Aux sales Hyènes Concevoir ça se conçoit Pas besoin d’être Einstein Ou DSK pour ça Franchement Un jour, ça arrive Elle vient, il vient Y s’endort, elle repart Mais l’espoir, lui, reste collé au corps L’espoir de plus D’accomplir plus L’espoir du minus déçu Qui cherche entre des cuisses Les coulisses du paradis perdu Et pis voilà que Maman dit que c’est toute une affaire les enfants Qu’il faut concilier travail et famille Qu’elle n’a pas vécu sa vie de jeune fille Et qu’elle doit quand même penser à elle de temps en temps Alors pendant qu’elle y pense Papa se demande encore pourquoi Elle y tient tant Maintenant Aux enfants Pour n’avoir pris garde Pour n’avoir su monter la garde Pour avoir la garde De ses enfants L’homme qui pleure Donne le beurre L’argent du beurre Les fruits du labeur Et les clés du bonheur Les clefs sous le paillasson Clefs du char Clés du chalet Du compte en banque De la maison Pis y s’enferme entre 4 murs Entre 4 murs et l’arme à gauche.
12.
Les entrailles Rien, absolument rien ne transpire du compacté chaque jour par les nouvelles. Pour y trouver un iota de vérité faudrait passer sa vie rivée aux écran ou branché direct sur l’expérience collective en réseau. Ou alors faudrait mâcher le présent tellement qu’à la fin, il serait périmé. Le monde bascule peu à peu dans l’illusion et la dérision des faiseurs de cash. Et toujours nous nous consolons avec des bribes du festin de la réalité. On se console par mille merdiques trouvailles - tant que la faim est satisfaite et que la bidoche assure. Au pire, on se la raccommodera ensemble la viande à la suture Frankenstein, au bout de la liste noire de l’attente. Et comment je fais pour me relever chaque jour avec les crocs de l’espoir, ce chien aux dents jaunes, fichés dans le torse? Je ne sais pas : rien ne triture plus les entrailles que cet entêtement qui ne dit pas son nom. Et cette impuissance qui résiste aux plus laxatives purges, faut bien que je vive avec. Ils vont en trouer des routes ozonées avant de consentir à nous achever. Le Grand Tchernobyl et ses administrés rivaliseront de Mantras pour nous subjuguer. Les humoristes feront l’aumône, mais leurs mandalas ne suffiront plus. Alors les publicistes révèleront le véritable visage de la curée. Une dernière fois, la foule renouera avec l’extase - si vous préférez mourir avant : faites-le. Sinon, prenez vos précautions : ça pourrait finir par se tasser, qui sait? L’avenir est une bombe à retardement. Qui croira savoir devant ce vertigineux accroissement tumoral de l’imprévisible ce qui doit être fait se la ferme. Tu peux toujours faire signe à ton congénère d’un poste à l’autre de travail, ça relève d’un réflexe fantôme. Espèces et espaces se préparent au coup de grisou. Le silence diffuse un étrange chapelet d’ondes. Dans la fumée, la lumière descend sur nous comme au premier matin du monde.
13.
Qui 04:19
Qui À qui appartient la chaleur La fraicheur L’amour inconditionnel? Pour qui le ressac Ou chaque Spectacle de l’arc-en-ciel? Qui d’un simple coup de filet S’emparerait des reflets sur l’eau? Qui peut me dire quand Le sel fut mis dans Nos sanglots? Qui laissa si délicates marques Sur les ailes des Monarques? Qui a concocté la formule Pour encoder les molécules? Si Le soleil naquit De la force d’attraction Mon âme n’est pas le fruit De mon imagination Car il est bien Myope Celui qui opte pour un monde Au hasard réduit Bien sourd qui n’oit que bruit Là où se répondent Chants et symphonies Oui, il faut être fait roc et froid Pour ignorer le rocambolesque feu de la foi Du nano monde Aux galaxies La même seconde De temps infini Occupe tout l’espace libre Le disque de l’amour vibre Big Bang! Grand Frisson L’Univers et sa gang Passent à L’action Ici : la gravité attire sans choisir Là : les comètes de l’esprit embrasent le désir Éclairant au passage Le cul du Vilain L’auréole du Sage Et celle du Saint Qui avait intérêt Histoire de toucher les profits À mettre sous arrêts Le Divin Sans-abri? Mais faut pas manger ci Faut pas dire ça Pas toucher aussi Et vice et versa Fatwa! Commandements! Bulles et Crédo! Sang versé In Nomine Deo Djiad, attentat Horreur patentée Femmes muselées dans les Mosquées Théoriser! Diviser! Culpabiliser! Pourtant si Ça crée C’est sacré! À qui appartient la chaleur La fraicheur L’amour inconditionnel? Pour qui le ressac Ou chaque Spectacle de l’arc-en-ciel? Qui d’un simple coup de filet S’emparerait des reflets sur l’eau? Qui peut me dire quand Le sel fut mis dans Nos sanglots?

about

Un album qui nous ressemble!
Soutenu par l’excellent groupe MISC (Trio Jérôme Beaulieu) qui a créé la plupart des musiques du nouveau disque, IVY, le leader de la scène slam montréalaise promet ici une fusion hors du commun des mots et de la musique. Bien plus qu’un disque, vous êtes conviés à découvrir un son que les compères se sont ingéniés à créer pendant plus de deux ans. Réalisé par Yves Desrosiers, on y retrouve des invités de marque ayant été sources d’inspiration pour IVY tout au long de sa carrière apportant une touche inusité à ce projet : Tanya Evanson (grande artiste du spoken word, Michel Rivard avec une relecture de la pièce Marchand de bonheur, Raoul Dugay à la turlutte, Marjo à sa voix de rockeuse et un extrait de Gilles Vigneault lors de son passage à Tout le monde en parle.
Le disque explore les états de l’âme québécoise confrontée à elle-même et au monde qui l’entoure sans jamais baisser les bras, ni se complaire. Et si l’actualité assombrit l’esprit de ses tragédies, la vie finalement se révèle plus forte et plus précieuse que jamais. Les textes révèlent leur pleine force de frappe grâce à l’authenticité de la musique qui les épouse. Soyez les premiers témoins de ce mariage inspiré. Une invitation à la célébration. Un appel à la liberté et à l’unique en chacun.
Artistes principaux: IVY, Jérôme Beaulieu (piano/claviers), Philippe Leduc (contrebasse), William Côté (Batterie). Artistes invités : Marjo, Michel Rivard, Raoul Dugay et Tanya Evanson et l’aimable contribution indirecte de Gilles Vigneault.

credits

released September 30, 2016

Réalisation, prise de son et mixage: Yves Desrosiers
Studios: Masterkut / Studio de la petite chaise bleue
Paroles: IVY sauf « Les marchands disent » (IVY et Michel Rivard).
S’ajoutent des extraits de « Mon pays » (Gilles Vigneault), « Give peace a chance »
(John Lennon) et de « Le dormeur du val » (Arthur Rimbaud).
Musique: MISC sauf « Québecoeur » (IVY et Luc Boivin), « Change » (IVY),
« S’armer de patience » (IVY) et « Va faire ta guerre » (IVY et Philippe Brault).
Arrangements: MISC
Artistes invités: Raoul Duguay, Marjo, Tanya Evanson, Michel Rivard
Mastering: Ryan Morey (Rye Bread Mastering)
Photos: Simon Grégoire
Directeur artistique (pochette): Nicolas Dubé
Avec l’aimable autorisation des Éditions Bonne Délivrance pour les extraits de « Marchand de bonheur ».
Avec l’aimable autorisation des producteurs de Tout le Monde en Parle (Avanti Ciné Vidéo/Radio-Canada/ Ardisson & Lumières France) pour l’extrait de l’entrevue de Gilles Vigneault à l’émission du 13 avril 2014.

Productions Inty / Productions l’Incidental, 2016 / © Ivan Bielinski, 2016
© Jérôme Beaulieu, Philippe Leduc, William Côté, 2016 / © Édition de la bonne délivrance

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Ivy Montréal, Québec

Après des études en Lettres où il a constaté le peu d’impact que l’art entretient sur le cours du monde, IVY, se consacrera par le biais de la littérature orale à ce que ça change. Il sortira trois disques alliant déclamation et musique à merveille . Il parcourra le Québec et la francophonie en présentant des ateliers et des spectacles d’envergure. ... more

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